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Accueil Toute l'actualité ENTRETIEN M. NASRI ALI BEY, PRESIDENT DE L'ANEXAL, AU JOURNAL EL MOUDJAHID
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ENTRETIEN M. NASRI ALI BEY, PRESIDENT DE L'ANEXAL, AU JOURNAL EL MOUDJAHID PDF Imprimer Envoyer
Écrit par exportateuralgerie   
Lundi, 05 Octobre 2015 14:33

 

TROIS QUESTIONS A ALI BEY NASRI, PRESIDENT

DE L’ASSOCIATION NATIONALE DES EXPORTATEURS ALGERIENS :

« L’Etat doit être le facilitateur de l’acte d’investir »


Il faut tout d’abord avoir une vision sur l’Algérie industrielle avant de faire des investissements. C'est-à-dire de savoir quelles sont les filières à promouvoir en Algérie et celles qu’on doit substituer à l’importation. Tout d’abord on doit définir ces filières et une fois ces dernières définies, l’Etat doit accorder toutes les facilitations depuis le lancement du projet jusqu’à la fin.

 

Des facilités sont introduites dans le nouveau code de l’investissement, quelle est votre lecture de cette réforme ?
L’investissement doit être libre et l’Etat doit se retirer de toutes les autorisations. Il y a un marché et des investisseurs et il ne faut pas aussi qu’il y ait des secteurs ’tabous’. Si je voulais acheter du phosphate ce n’est pas nécessaire de demander une autorisation. En 1991, l’Inde a connu un choc financier très important, le FMI a demandé aux autorités indiennes de lever toutes les contraintes administratives, ce qui a aidé en conséquence ce pays à faire face à la crise. Notre Etat doit être le facilitateur de l’acte d’investissement et il doit mettre tous les moyens nécessaires, notamment l’aménagement des zones d’activités et de créer des technopôles et des agropoles. Il faut qu’on donne cette possibilité également au secteur privé, car dans d’autres pays, c’est le privé qui s’en occupe. Quand on parle du code d’investissement, je pense que c’est des autorisations et de la réglementation. A cet effet, je pense qu’il est temps que l’Etat se désengage et il faudrait également revoir l’exonération fiscale. Dans ce sillage, je vous donne un exemple si vous me dites que je ne paye pas l’IBS et je vais payer l’équipement et vous avez des droits de douanes cela n’est pas du tout intéressant, car ce qui m’intéresse ce n’est pas l’IBS mais c’est d’avoir des facilitations au départ. Il faut tout d’abord avoir une vision sur l’Algérie industrielle avant de faire des investissements. C'est-à-dire de savoir quelles sont les filières a promouvoir en Algérie et celles qu’on doit substituées à l’importation. Tout d’abord on doit définir ces filières et une fois définies, l’Etat doit accorder toutes les facilitations depuis le lancement du projet jusqu’à la fin. Je suis de ceux qui disent la matière première doit être exonérée pendant 5 ans. L’objectif, c’est de ne pas dépenser de la devise et que le produit se fasse en Algérie et avec toutes les facilités. Donc l’exonération fiscale ce n’est pas une solution par contre ce qui est primordiale pour encourager l’investissement et le développement de l’économie nationale c’est en premier lieu de faciliter l’acquisition des équipements et l’accès au financement.

 

Quelle place pour la ressource humaine et la formation ?
La formation et la colonne vertébrale de tout développement. Aucun pays dans le monde ne peut avancer sans une formation de qualité. Je pense qu’on ne peut pas investir sans avoir des ressources humaines qualifiées. Dans certains secteurs, notamment l’agriculture on a réellement besoin de main-d’œuvre L’Etat doit faire un contrat moral avec ces entreprises pour leur dire que d’ici 5 ans ce produit il ne sera plus importé. Je pense que le ministre de Finances connaît très bien la problématique de l’industrie et je pense qu’il va prendre de bonnes et courageuses décisions. Actuellement, si vous voulez importer une usine toute faite sans que l’Etat paye un centime on vous laisse pas. Il faut libérer le marché, car dans notre pays il y a du chômage et pour y mettre fin il faut encourager l’investissement.

 

Des opérateurs économiques réclament un changement profond de l’administration, une réforme s’impose ?
On ne peut pas avoir des entreprises de qualité sans une administration de qualité. L’entreprise est le reflet de l’administration, et l’administration algérienne et très lourde. Elle fonctionne selon un tempo administratif, pas avec un tempo économique. Le tempo économique est un tempo instantané. Dans le tempo administratif on fait une loi aujourd’hui et on l’applique dans dix ans et quand on l’applique elle devient obsolète. parce que celle-ci se réserve le droit de savoir à la place de l’entrepreneur ce qu’il faut et ce qu’il ne faut pas. Quand on dit il n’y a plus d’autorisation, l’administration se retire et elle fera un autre travail d’analyse. Je pense que l’administration n’a rien à voir avec le monde économique. Je tiens également à ajouter que la bancarisation de l’argent de l’informel est une bonne chose, il y a réellement de l’argent à récupérer, mais, il faut encourager les détenteurs de cet argent à l’investir. S’agissant de la taxe sur l'activité professionnelle (TAP) je pense qu’il faut la supprimer pour régler le problème de l’informel et cela ne coûte rien à l’Etat. Il faut chercher d’autres ressources pour alimenter les collectivités locales.

 

Propos recueillis par M. A. Z.

EL MOUDJAHID – ECONOMIE – Vendredi  02– Samedi 03 Octobre 2015

 


Mise à jour le Lundi, 05 Octobre 2015 14:47
 
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